Jeudi 22 novembre, le public a découvert les créations de Jaume Plensa au Mamac, le musée d’art moderne et d’art contemporain, à Nice. Lors de ce vernissage, les visiteurs ont pu approcher les statues à l‘abri du musée, tandis que leurs jumelles de la place Masséna observaient sous la pluie, les derniers préparatifs de l’inauguration du tramway. Sur la place, siègent des personnages, muets, chacun sur leurs piliers, ne s’exprimant que par leurs couleurs changeantes, une fois la nuit tombée. Sur 250 artistes originaires du monde entier, seul 15 d’entre eux ont été retenus pour une exposition aussi longue que le tracé du tram, soit près de neuf kilomètres. Lors du vernissage de l‘expo Jaume Plensa, le maire de Nice, Jacques Peyrat, pour qui il faudra un jour quitter le navire, n’a pas tari d’éloges envers l‘artiste. « Nous, les hommes politiques, ne sommes que peu de choses » a t-il déclaré modestement, avec une certaine justesse et un brin de philosophie. « Tandis que les artistes laissent leurs œuvres, présentes, scellées, dans le sol, dans ce musée et dans le musée à ciel ouvert qu’est désormais le parcours du tramway. »Que ce soit l’inox, le polyester, ou encore l’éclairage par LED, une diode électroluminescente, Jaume Plensa a su utiliser les nouveaux matériaux au service de son art. À 52 ans, cet artiste d’origine catalane, expose ses œuvres dans le monde entier, à commencer par l’Espagne jusqu’aux États-Unis, en passant par la Corée.Des êtres androgynes, en position de fœtus, assis au sol ou sur les murs, leurs mains enserrant leurs jambes. Certains d’à peine un mètre de hauteur, d’autres atteignant plus de deux mètres. Des cabines lumineuses, des silhouettes formées par des lettres de l’alphabet…Les œuvres de Plensa déconcertent. Dans une atmosphère tamisée, sans lumières parasites, les créations prennent alors toute leur dimension. De plus près, apparaissent des phrases, des noms, incrustés en relief sur le corps des statues. De quoi impressionner le visiteur qui pourra également vibrer dans la salle des gongs. La visite se veut une expérience visuelle et sonore. Selon le souhait du maire de Nice, une œuvre de Jaume Plensa, en miniature bien sûr, sera désormais remis aux personnalités invités à Nice. Ses sculptures vont donc continuer à faire le tour du monde. Celles qu’abrite le Mamac de Nice, sont à voir jusqu’au 27 avril 2008. Maxime Davoust