Ayant moi-même effectué une croisière à bord d’un navire Costa (le Costa Serena), en juin 2011, j’ai été choqué d’apprendre le naufrage du Costa Concordia. Il faut que croire que 100 ans après la disparition du Titanic, dans l’Atlantique Nord, les leçons d’une telle catastrophe n’ont toujours pas été tirées.
Cette fois, ce n’est pas vraiment le manque de canots qui est pointé du doigt, mais bien la désorganisation qui régnait à bord. Un chaos d’autant plus surprenant que lors des exercices de secours, organisés à chaque traversée, l’évacuation semble bien rodée. J’ai pu moi-même le constater à bord du Costa Serena. Chaque passager doit emprunter un itinéraire spécifique et se retrouver à babord ou tribord, selon son numéro de cabine, à un endroit précis (afin de répartir tous les passagers devant les canots). Hélas, on peut craindre que sans personne à la tête de la chaine de commandement, l’équipage se soit retrouvé dans la confusion la plus totale, tout comme les passagers, éparpillés aux quatre coins du navire. Ces derniers étaient pour certains au restaurant, à la salle de spectacle, sur les ponts supérieurs, tandis que d’autres étaient dans leur cabine.
Quant aux problèmes de langues, il faut savoir que la langue de prédilection sur les croisières Costa est l’italien (la clientèle étant majoritairement italienne), quant à l’équipage, il est en grande partie philippin. Cela dit, les annonces sont censés être diffusées en plusieurs langues (italien, anglais, français, allemand…). C’est avant tout le manque d’information envers les passagers qui a provoqué un drame humain.
D’après les premières informations, l’équipage aurait eu des difficultés à faire descendre sans heurts les canots de sauvetage. Chaque membre du navire est censé avoir suivi une formation sur la sécurité (qu’il soit officier ou simple cuisinier). Mais les véritables exercices sont rares. Lors des simulations, les passagers ne montent pas à bord des chaloupes, qui ne sont pas descendues à flot.
Il est vrai que la question de la sécurité sur ces immenses villes flottantes peut être posée, tout comme les mesures à adopter en cas d’incendie dans les buildings. Les navires de croisières modernes sont conçus pour permettre l’évacuation rapide de tous les passages et l’équipage. Reste à donner cet ordre, qui visiblement à tarder à venir en ce soir du 13 janvier 2012. Plus d’une heure se serait écoulé entre l’impact contre le récif et le début de l’évacuation.
Il faut en conclure qu’aucun exercice ne peut préparer efficacement un équipage et ses passagers à un naufrage. Si les problèmes matériels peuvent être mis en cause, le facteur humain reste décisif.
Maxime DAVOUST
